Le guide simple — édition 2026
La retraite supplémentaire, enfin expliquée simplement
PER obligatoire, PER collectif, article 83, PERCO, Madelin… Derrière ce jargon se cache une idée très simple : un 3e étage de retraite que vous vous constituez en plus de vos régimes obligatoires. Voici ce qui existe, pour les salariés comme pour les indépendants, et comment récupérer cet argent.
La retraite supplémentaire, c’est quoi exactement ?
En France, votre retraite se construit sur trois étages :
Contrairement aux deux premiers étages, qui fonctionnent par répartition, la retraite supplémentaire fonctionne par capitalisation : c’est votre argent, sur un compte à votre nom. Depuis la loi Pacte de 2019, presque tous les dispositifs ont été regroupés sous un même nom : le PER (Plan d’Épargne Retraite), décliné en trois versions. Les anciens contrats (article 83, PERCO, PERP, Madelin) ne sont plus commercialisés, mais si vous en avez un, il existe toujours — et il est transférable vers un PER.
Quelle retraite supplémentaire pour vous ? Cliquez sur votre situation
Salarié : les 3 dispositifs qui existent
1. Le PER d’entreprise obligatoire (PERO, ex « article 83 »). Mis en place par l’employeur pour tout ou partie des salariés (souvent les cadres). Vous êtes affilié d’office : l’entreprise cotise chaque mois pour vous, parfois avec une part salariale. Vous ne choisissez pas d’y entrer… mais c’est de l’épargne qui travaille pour vous sans effort.
2. Le PER d’entreprise collectif (PERECO, ex-PERCO). Facultatif : chaque salarié décide d’y verser ou non. Il est alimenté par votre intéressement, votre participation, vos jours de repos non pris et vos versements volontaires. Gros atout : l’abondement, c’est-à-dire l’argent que l’employeur ajoute par-dessus vos versements (jusqu’à 7 689 € en 2026). De l’argent quasi gratuit, à ne jamais laisser passer.
3. Le PER individuel (PERIN, ex-PERP). Celui que vous ouvrez vous-même, auprès d’une banque, d’un assureur ou en ligne, indépendamment de votre employeur. Vos versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable : en 2026, entre 4 710 € minimum et 37 680 € maximum selon vos revenus (le chiffre exact figure sur votre avis d’imposition, ligne « plafond épargne retraite »).
| PER obligatoire (ex-art. 83) | PER collectif (ex-PERCO) | PER individuel | |
|---|---|---|---|
| Qui décide ? | L’employeur | L’employeur le propose, vous choisissez | Vous |
| Qui alimente ? | L’employeur (+ part salariale éventuelle) | Vous + intéressement + participation + abondement | Vous |
| Sortie en capital ? | Non* | Oui, à 100 % | Oui, à 100 % |
| Sortie en rente ? | Oui (obligatoire) | Oui, si vous préférez | Oui, si vous préférez |
| Avantage fiscal à l’entrée | Cotisations non imposées | Abondement et primes exonérés d’impôt | Versements déductibles du revenu |
* Sauf rente très faible (inférieure à environ 110 €/mois) : le capital peut alors être versé en une fois.
Indépendant (TNS) : ce qui existe pour vous
Artisan, commerçant, profession libérale, gérant majoritaire : vos régimes obligatoires sont souvent moins généreux que ceux des salariés, surtout sur la complémentaire. La retraite supplémentaire n’est donc pas un luxe, c’est le principal levier pour maintenir votre niveau de vie.
Le dispositif central : le PER individuel, successeur du fameux contrat Madelin (fermé aux souscriptions depuis octobre 2020). Vous versez à votre rythme, et vous déduisez vos versements de votre bénéfice imposable avec un plafond spécial TNS, bien plus généreux que celui des salariés : jusqu’à 88 911 € en 2026 (10 % du bénéfice dans la limite de 8 fois le plafond de la Sécurité sociale, + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 fois ce plafond — minimum 4 806 € même en cas de faible bénéfice).
| Ancien Madelin | PER individuel | |
|---|---|---|
| Souscription aujourd’hui | Fermée depuis 2020 | Ouverte |
| Sortie en capital | Non (rente uniquement) | Oui, à 100 %, en une ou plusieurs fois |
| Obligation de verser chaque année | Oui (cotisation minimale) | Non, liberté totale |
| Déblocage pour acheter sa résidence principale | Non | Oui |
| Déduction fiscale TNS | Oui | Oui, mêmes plafonds |
Capital ou rente : comment récupère-t-on l’argent ?
C’est LA question que tout le monde se pose, et la réponse est devenue très favorable depuis la loi Pacte. Au moment de la retraite, votre PER se débloque et vous choisissez :
| L’argent provient de… | Capital (en 1 fois ou fractionné) | Rente à vie |
|---|---|---|
| Vos versements volontaires | Oui | Oui |
| Intéressement, participation, abondement | Oui | Oui |
| Cotisations obligatoires (ex-art. 83) | Non* | Oui |
* Sauf petites rentes (environ 110 €/mois ou moins), converties en capital.
Et avant la retraite ? Votre épargne est en principe bloquée, avec deux grandes familles d’exceptions : l’achat de votre résidence principale (sauf pour la part issue des cotisations obligatoires) et les accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire).
Questions fréquentes sur la retraite supplémentaire
La retraite supplémentaire est-elle obligatoire ?
Non, c’est le 3e étage facultatif de votre retraite. Une seule exception : si votre entreprise a mis en place un PER obligatoire (ex-article 83) pour votre catégorie de salariés, vous y êtes affilié automatiquement.
Quelle différence entre retraite complémentaire et retraite supplémentaire ?
La complémentaire (Agirc-Arrco par exemple) est obligatoire et fonctionne par répartition. La supplémentaire est facultative et fonctionne par capitalisation : c’est une épargne à votre nom, que vous récupérez en capital ou en rente.
Peut-on tout récupérer en capital ?
Oui pour tout ce qui vient de vos versements volontaires et de l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement) : 100 % en capital, en une ou plusieurs fois. Seule la part issue des cotisations obligatoires de l’employeur sort en rente, sauf si cette rente est très faible (environ 110 €/mois ou moins).
Que devient mon article 83 ou mon PERCO quand je quitte l’entreprise ?
Il reste à votre nom chez l’assureur, mais plus personne ne l’alimente. Vous pouvez le transférer vers le plan de votre nouvel employeur ou vers un PER individuel pour tout regrouper. Beaucoup de salariés oublient ces contrats : pensez à les recenser.
Je suis indépendant : dois-je garder mon contrat Madelin ?
Pas forcément. Le Madelin impose une sortie en rente et une cotisation minimale annuelle ; le PER individuel offre la sortie en capital et des versements libres. Mais certains vieux Madelin comportent des garanties avantageuses : faites analyser le contrat avant de transférer.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, dans des cas précis : achat de la résidence principale (hors part obligatoire) et accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité après liquidation judiciaire).
Et vous, où en êtes-vous vraiment ?
Anciens contrats oubliés, carrière à vérifier, choix capital/rente, date de départ optimale : le bilan retraite complet Essor Retraite fait le point sur vos trois étages de retraite, avec un expert retraite dédié. Cabinet indépendant depuis 2006.
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