Majoration de pension : les 10 % pour trois enfants,
la surcote et les autres majorations

Des majorations attribuées « automatiquement »… à condition que vos caisses le sachent

Une majoration de pension est un supplément accordé en plus du calcul de base : pour avoir élevé trois enfants, pour avoir travaillé au-delà du taux plein, pour un handicap, pour la dépendance. Aucune ne demande de cotisation supplémentaire, mais toutes supposent que votre situation soit correctement enregistrée dans chacun de vos régimes. Un enfant absent du dossier Agirc-Arrco, une naissance non déclarée à la Carsat, un trimestre de surcote non comptabilisé : le manque à gagner est définitif et se chiffre en dizaines de milliers d’euros sur une retraite.

Cette page fait le point sur les majorations en vigueur en 2026, celles qui ont disparu, et ce qu’elles représentent concrètement, avec un simulateur pour chiffrer la vôtre. Leur vérification systématique fait partie de notre bilan retraite.

Les majorations de pension, une par une

Quatre onglets : la majoration pour enfants, les trimestres liés aux enfants, la surcote, et les majorations liées au handicap, à la dépendance et à la situation familiale.

La règle

Si vous avez eu, adopté ou élevé au moins trois enfants (élevés pendant au moins neuf ans avant leur seizième anniversaire), votre pension est majorée de 10 %. La majoration est due à chacun des deux parents, sans condition de ressources, et s’applique aussi à la pension de réversion. Elle est imposable depuis 2014.

Régime par régime

  • Régime général, MSA, indépendants : 10 % de la pension de base, sans plafond. La majoration s’ajoute au minimum contributif.
  • Agirc-Arrco : 10 % de la retraite complémentaire pour les points acquis depuis 2012, dans la limite d’un plafond annuel (environ 2 400 € par an en 2026). Pour les points acquis avant 2012, les anciennes règles Arrco (5 % pour trois enfants) et Agirc (8 % pour trois enfants, jusqu’à 24 % pour sept) restent appliquées, ce qui rend le calcul opaque et mérite une vérification.
  • RCI (indépendants) : 10 % sans plafond.
  • Fonction publique : 10 % pour trois enfants, + 5 % par enfant au-delà, la pension majorée ne pouvant dépasser le traitement de référence.
  • Professions libérales : selon la section ; la CNAVPL n’applique pas de majoration de base, certaines complémentaires le font.

Ce qui se passe en pratique

La majoration est attribuée sur la base des enfants déclarés dans chaque régime. Or les caisses ne se transmettent pas cette information : un enfant enregistré à la Cnav peut manquer à l’Agirc-Arrco, un enfant du conjoint élevé neuf ans est rarement déclaré, un enfant né à l’étranger n’apparaît pas. Sur une pension de 2 000 € brut, ce sont 200 € par mois, soit près de 60 000 € sur 25 ans de retraite.

Jusqu’à 8 trimestres par enfant

Dans le régime général et les régimes alignés, chaque enfant apporte 4 trimestres de majoration au titre de la maternité ou de l’adoption (attribués à la mère, ou au parent adoptant) et 4 trimestres au titre de l’éducation, attribués par défaut à la mère pour les enfants nés depuis 2010, mais que les parents peuvent se répartir par déclaration commune dans les six mois suivant le quatrième anniversaire de l’enfant. Ces trimestres comptent pour la durée d’assurance (taux plein, décote, surcote) mais pas comme trimestres cotisés pour la carrière longue, sauf 4 trimestres au plus.

Fonction publique

Pour les enfants nés avant 2004 : bonification de 4 trimestres par enfant, qui compte à la fois pour la durée et pour le calcul de la pension, sous condition d’une interruption ou réduction d’activité d’au moins deux mois. Pour les enfants nés après 2004 : majoration de 2 trimestres seulement, pour la durée d’assurance uniquement, et prise en compte gratuite des périodes de réduction d’activité jusqu’à trois ans par enfant.

L’AVPF, l’assurance vieillesse des parents au foyer

Le parent qui cesse ou réduit son activité pour élever un enfant, et qui perçoit certaines prestations familiales (PreParE, complément familial, AEEH…) sous condition de ressources, est affilié gratuitement au régime général par la CAF : les trimestres sont validés et un salaire au niveau du SMIC est porté au compte. C’est l’une des périodes les plus souvent absentes des relevés, car la CAF déclare, mais la Cnav ne recoupe pas toujours. Le congé parental est également validé, dans la limite de trois ans par enfant.

Enfant handicapé, aidants

Le parent d’un enfant handicapé (taux d’au moins 80 %) bénéficie d’une majoration de durée d’assurance supplémentaire de 8 trimestres au maximum (un trimestre par période de trente mois de prise en charge). Les aidants familiaux d’un adulte lourdement handicapé y ont également droit, ainsi qu’à l’affiliation gratuite à l’assurance vieillesse des aidants.

La surcote classique

Chaque trimestre travaillé après l’âge légal et au-delà de la durée d’assurance requise majore la pension de base de 1,25 % (5 % par an), sans plafond, de façon définitive et revalorisée. Seuls les trimestres cotisés comptent (pas les périodes de chômage ou de maladie). Une année de surcote sur une pension de base de 1 500 € rapporte 75 € par mois à vie, soit environ 22 000 € sur 25 ans, à comparer au coût d’une année de pension non perçue : l’arbitrage se calcule, il n’est pas toujours favorable.

Complémentaires : pas de surcote, mais des points

L’Agirc-Arrco ne majore pas la pension pour les trimestres de surcote, mais les cotisations versées pendant cette période continuent d’acquérir des points, et le coefficient de solidarité (malus de 10 %) a été supprimé pour les départs depuis décembre 2023. Dans la fonction publique, la surcote de 1,25 % s’applique à la pension principale selon les mêmes conditions.

La surcote parentale

Créée par la réforme de 2023, elle concerne les parents qui ont au moins un trimestre de majoration pour enfants et qui atteignent la durée d’assurance requise avant l’âge légal (à partir de 63 ans) : chaque trimestre travaillé entre 63 ans et l’âge légal rapporte 1,25 %, dans la limite de 5 %. Elle compense le fait que ces parents, sans elle, cotiseraient à perte jusqu’à l’âge légal. Elle est d’autant plus intéressante que la suspension de la réforme a figé l’âge légal entre 62 ans 9 mois et 63 ans 9 mois selon les générations, réduisant la fenêtre concernée.

Surcote ou cumul emploi-retraite ?

Continuer à travailler sans liquider (surcote) ou liquider puis cumuler sont deux stratégies exclusives : la première augmente la pension pour toujours, la seconde procure un double revenu immédiat mais fige la pension. Voir cumul emploi-retraite et retraite progressive.

Majoration pour tierce personne (MTP)

Le retraité titulaire d’une pension pour inaptitude ou substituée à une pension d’invalidité, qui a besoin de l’aide constante d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie (se lever, se laver, s’habiller, se nourrir), perçoit une majoration forfaitaire d’environ 1 270 € par mois en 2026 (1 232,28 € en 2024, revalorisée chaque 1er janvier), non imposable et sans condition de ressources. La demande doit être déposée avant 65 ans (ou l’âge du taux plein automatique) ; passé cet âge, c’est l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui prend le relais.

Majoration pour handicap

Les assurés partant en retraite anticipée pour handicap (dès 55 ans, avec un taux d’incapacité d’au moins 50 % pendant la durée requise) bénéficient d’une majoration de pension spécifique, égale au tiers du rapport entre la durée cotisée en situation de handicap et la durée totale, qui compense la proratisation. Elle s’applique aussi aux régimes complémentaires.

Enfants à charge (Agirc-Arrco)

Le retraité qui a encore un enfant à charge (moins de 18 ans, moins de 25 ans s’il est étudiant, apprenti ou demandeur d’emploi non indemnisé, sans limite d’âge s’il est invalide) perçoit une majoration de 5 % de sa retraite complémentaire par enfant à charge, versée tant que la situation dure. Elle n’est pas cumulable avec la majoration pour trois enfants : la caisse retient la plus avantageuse, et bascule automatiquement sur l’autre lorsque l’enfant n’est plus à charge.

Majoration pour conjoint à charge : supprimée

Elle n’est plus attribuée depuis les retraites prenant effet au 1er janvier 2011. Les retraités qui la percevaient avant cette date la conservent (environ 725 € par an). Si vous liquidez aujourd’hui, vous n’y avez pas droit : c’est l’une des confusions les plus fréquentes que nous rencontrons.

Réversion et majorations

La pension de réversion (54 % au régime général, 60 % à l’Agirc-Arrco) est elle-même majorée de 10 % si le conjoint survivant a eu trois enfants, et peut être majorée de 11,1 % au régime général pour le conjoint de plus de 67 ans à faibles ressources. Là encore, les enfants doivent figurer sur le dossier du conjoint survivant.

Simulateur : combien valent vos majorations ?

Renseignez vos pensions estimées, votre nombre d’enfants et vos trimestres au-delà du taux plein : le simulateur chiffre la majoration pour enfants et la surcote, par mois et sur toute la durée de votre retraite.

Simulateur : que valent vos majorations de pension ?

Indiquez vos pensions estimées, votre situation familiale et vos trimestres au-delà du taux plein : le simulateur chiffre la majoration pour enfants, la surcote et la surcote parentale, en euros par mois et sur la durée de votre retraite.

Chiffre de votre estimation indicative globale ou de votre relevé.
Fonctionnaires : laissez 0 (la RAFP n'est pas majorée).
Chaque trimestre = +1,25 % de la pension de base.
Réservée aux parents ayant au moins un trimestre de majoration pour enfants ; 4 trimestres au maximum.
–par mois : majoration pour enfants
–par mois : surcote et surcote parentale
–par mois : total des majorations
–sur la durée de votre retraite

Estimation indicative, paramètres 2026. Majoration pour trois enfants et plus : 10 % de la pension de base (régime général, indépendants, fonction publique ; + 5 % par enfant au-delà du troisième dans la fonction publique, dans la limite du traitement) et 10 % de la retraite complémentaire Agirc-Arrco sur les droits acquis depuis 2012, plafonnée à environ 2 400 € par an (le simulateur applique 10 % à l'ensemble de la complémentaire, dans la limite du plafond) ; RCI : 10 % sans plafond. Surcote : 1,25 % de la pension de base par trimestre au-delà de l'âge légal et de la durée requise (les régimes complémentaires n'appliquent pas de surcote mais attribuent des points pour la période travaillée, non chiffrés ici). Surcote parentale : 1,25 % par trimestre, 5 % au maximum. Montants bruts, hors revalorisations futures ; la majoration pour enfants est soumise à l'impôt sur le revenu depuis 2014.

Bon à savoir

Les majorations ne sont « automatiques » que si le dossier est complet. Chaque caisse applique la majoration pour enfants à partir de ses propres données : la Cnav à partir de l’état civil déclaré, l’Agirc-Arrco à partir des informations transmises à la liquidation, la fonction publique à partir de l’état des services. Enfants nés à l’étranger, enfants du conjoint élevés neuf ans, enfants adoptés, enfants décédés après neuf ans : autant de cas où la majoration est perdue faute de justificatif, et où une réclamation après liquidation n’est admise que dans certaines conditions. Le bilan retraite vérifie la situation familiale sur chacun de vos relevés, chiffre la surcote éventuelle et compare les dates de départ, majorations comprises.

Questions fréquentes sur les majorations de pension

Non. Elle est due à chacun des deux parents, père et mère, dès lors qu’ils ont eu, adopté ou élevé au moins trois enfants pendant neuf ans avant leurs seize ans. Ce sont les trimestres de majoration de durée d’assurance (4 par enfant pour la maternité) qui sont réservés à la mère ; ceux de l’éducation (4 par enfant) peuvent être partagés.

Oui, s’ils ont été à votre charge et élevés par vous pendant au moins neuf ans avant leur seizième anniversaire, même sans lien de filiation ni adoption. Il faudra le prouver (livret de famille, avis d’imposition, attestations) : c’est un cas très souvent oublié, à documenter avant la demande de retraite.

Souvent, oui. Le taux de 10 % ne s’applique qu’aux points acquis depuis 2012, dans la limite d’un plafond annuel ; les points antérieurs relèvent des anciennes règles Arrco (5 %) et Agirc (8 % à 24 % selon le nombre d’enfants). Un cadre ayant une longue carrière avant 2012 peut donc percevoir une majoration composite. Le calcul se vérifie ligne par ligne sur la notification de retraite.

Un an de surcote sur une pension de base de 1 500 € rapporte 75 € par mois à vie, soit environ 22 000 € sur 25 ans ; en échange, vous renoncez à un an de pension (18 000 € de base, plus la complémentaire). L’arbitrage dépend de votre espérance de vie, de votre revenu d’activité et de vos points complémentaires acquis. Il se chiffre au cas par cas, et se compare au cumul emploi-retraite et à la retraite progressive.

Oui, depuis les revenus 2014 : la majoration de 10 % est soumise à l’impôt sur le revenu comme le reste de la pension. Elle reste exonérée de cotisations sociales spécifiques, mais supporte CSG, CRDS et Casa comme la pension. La majoration pour tierce personne est, elle, non imposable.

Oui pour le régime général : la majoration est attribuée sur justificatif, avec effet au premier jour du mois suivant la demande (sans rétroactivité au-delà, sauf erreur de la caisse). À l’Agirc-Arrco, une révision est possible dans les mêmes conditions. D’où l’intérêt de vérifier les enfants sur chaque relevé avant la demande de retraite, pour percevoir la majoration dès le premier versement.

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Si nécessaire, nous intégrons la pension de réversion pour le conjoint survivant et d’autres détails importants. Il est essentiel de réaliser cet audit avant de liquider vos droits à la retraite. Nous vous recommandons de commencer dès 50 ans pour anticiper les choix stratégiques cruciaux en fin de carrière, garantissant ainsi une pension optimale. Un Bilan en fin de carrière peut également être effectué pour mettre à jour vos informations et obtenir la pension idéale pour votre retraite.

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