Calcul de la retraite d’un fonctionnaire : simulateur gratuit 2026 (État, territoriale, hospitalière)

Formule exacte, âge légal et trimestres requis par génération après la suspension de la réforme, décote, surcote et simulateur gratuit pour estimer votre pension de fonctionnaire en 2026.

Combien toucherez-vous à la retraite en tant que fonctionnaire ?

État, territoriale ou hospitalière : votre pension ne se calcule pas comme celle d’un salarié du privé. Un seul indice, une seule formule… et beaucoup de pièges. Faites le calcul en 30 secondes.

75 %du dernier traitement indiciaire pour une carrière complète
1,25 %de décote par trimestre manquant (jusqu’à 20 trimestres)
172trimestres requis dès la génération 1966
4,92278 €valeur mensuelle du point d’indice en 2026
Lancer le simulateur gratuit

Près d’un retraité sur cinq en France est un ancien agent public. Pourtant, le calcul de la retraite d’un fonctionnaire reste l’un des moins bien compris : on confond l’âge légal avec l’âge du taux plein, on oublie les années de contractuel validées au régime général, on ignore que la décote se calcule sur tous les régimes et pas seulement sur la fonction publique. Résultat : des agents partent trop tôt, trop tard, ou avec une pension inférieure à ce qu’ils auraient pu obtenir.

Cet article vous donne la formule exacte, les paramètres en vigueur depuis le 1er septembre 2026 (après la suspension de la réforme des retraites) et un simulateur pour estimer votre pension de base. Il s’applique aux trois fonctions publiques : fonctionnaires de l’État (Service des retraites de l’État), territoriaux et hospitaliers (CNRACL).

La formule de calcul de la pension d’un fonctionnaire

La retraite de base d’un fonctionnaire se calcule en une seule opération :

Pension = dernier traitement indiciaire brut × 75 % × (trimestres liquidables ÷ trimestres requis)
… puis on applique, selon le cas, une décote, une surcote et la majoration pour enfants.

Le traitement indiciaire brut de référence est celui de l’indice (grade, échelon) que vous détenez depuis au moins six mois au moment du départ. Il se lit sur votre bulletin de paie : indice majoré × 4,92278 € = traitement brut mensuel. Les primes et indemnités ne comptent pas (elles alimentent une retraite additionnelle à part, la RAFP) ; la nouvelle bonification indiciaire fait l’objet d’un supplément de pension distinct.

Les trimestres liquidables sont vos services effectifs dans la fonction publique (y compris le service militaire et, sous conditions, les services de non-titulaire validés) plus les bonifications, notamment celles pour enfants nés avant 2004. Le temps partiel compte au prorata, sauf surcotisation.

Les trimestres requis dépendent de votre année de naissance (voir le tableau plus bas). Avec 172 trimestres liquidables pour 172 requis, vous obtenez le taux maximal de 75 % ; les bonifications peuvent le porter jusqu’à 80 %.

Exemple : indice majoré 620 (traitement brut 3 052 €), 160 trimestres liquidables pour 172 requis, aucun trimestre dans le privé. Pension = 3 052 × 75 % × 160/172 = 2 129 € brut par mois, avant décote éventuelle.

Simulateur : estimez votre pension de fonctionnaire (2026)

Estimation de la pension de base, pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Hors RAFP, hors minimum garanti, hors NBI et bonifications spécifiques (militaires, outre-mer). Catégories active et sédentaire.

Âge légal et trimestres requis par génération (depuis le 1er septembre 2026)

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu le relèvement de l’âge légal et de la durée d’assurance pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, jusqu’au 1er janvier 2028. Concrètement, les générations 1964 à 1968 partent un trimestre plus tôt qu’avant, et avec un trimestre de moins pour certaines.

Année de naissanceÂge légal (sédentaire)Trimestres requisÂge légal (catégorie active)
196262 ans 6 mois16957 ans
196362 ans 9 mois17057 ans
1964 suspension62 ans 9 mois (au lieu de 63 ans)170 (au lieu de 171)57 ans
1965 (janvier à mars) suspension62 ans 9 mois17057 ans
1965 (avril à décembre) suspension63 ans17157 ans
1966 suspension63 ans 3 mois17257 ans (57 ans 3 mois si né après août)
1967 suspension63 ans 6 mois17257 ans 6 mois
1968 suspension63 ans 9 mois17257 ans 9 mois
196964 ans17257 ans 9 mois
197064 ans17257 ans 9 mois puis 58 ans (né après mars)
1971 à 197364 ans17258 ans 3 mois à 58 ans 9 mois
1974 et après64 ans17259 ans

Source : Service des retraites de l’État, barèmes applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Sans nouveau texte, le calendrier de 2023 reprend au 1er janvier 2028.

Décote et surcote : le vrai levier de votre pension

La décote s’applique si vous partez avant 67 ans (62 ans pour la catégorie active) sans avoir tous vos trimestres tous régimes confondus. Elle est de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit 25 % de pension en moins au maximum. Le nombre de trimestres retenu est le plus petit entre ceux qui vous manquent pour atteindre la durée requise et ceux qui vous séparent de l’âge d’annulation de la décote.

La surcote joue dans l’autre sens : 1,25 % de pension en plus par trimestre travaillé au-delà de l’âge légal et de la durée requise. Un agent né en 1964 avec 170 trimestres à 62 ans 9 mois qui continue jusqu’à 64 ans gagne 5 trimestres de surcote, soit 6,25 % de pension supplémentaire à vie. Depuis septembre 2026, les parents bénéficient aussi d’une surcote spécifique (jusqu’à 5 %) dès 63 ans s’ils ont tous leurs trimestres.

C’est là que le calcul se joue : un seul trimestre mal reporté peut vous faire basculer dans la décote, ou vous priver d’un trimestre de surcote. Sur une pension de 2 000 €, un trimestre manquant représente 25 € par mois, soit plus de 7 000 € sur 25 ans de retraite.

Les 6 erreurs qui font perdre de l’argent aux fonctionnaires

Chez Essor Retraite, nous auditons des carrières d’agents publics depuis 2006. Voici ce que nous retrouvons le plus souvent dans les relevés :

  1. Les années de contractuel avant la titularisation. Elles relèvent du régime général et de l’Ircantec, pas de la fonction publique. Elles comptent pour la durée d’assurance (donc contre la décote) mais sont souvent absentes ou incomplètes sur le relevé de carrière.
  2. Les bonifications pour enfants oubliées. Quatre trimestres par enfant né avant 2004, à condition d’avoir interrompu ou réduit son activité : la condition n’est pas toujours vérifiée automatiquement, et les justificatifs manquent dans le dossier.
  3. Le temps partiel mal décompté. Un temps partiel de droit pour élever un enfant de moins de 3 ans compte comme du temps plein ; un temps partiel surcotisé aussi. Les deux sont régulièrement liquidés au prorata, à tort.
  4. La catégorie active non reconnue. Il faut 17 ans de services actifs. Des changements de corps, une mobilité ou un détachement peuvent faire perdre le bénéfice d’un départ à 57 ou 59 ans si les périodes ne sont pas correctement qualifiées.
  5. Le service national et les périodes à l’étranger. Service militaire, coopération, détachement hors d’Europe (avec bonification de dépaysement) : ces périodes doivent être réclamées avec les pièces à l’appui.
  6. Le mauvais indice de référence. Un avancement d’échelon obtenu moins de six mois avant le départ n’est pas pris en compte. Décaler son départ de quelques semaines peut changer le traitement de référence et donc la pension entière.

Bilan retraite fonctionnaire : votre carrière vérifiée ligne par ligne

Nous reconstituons votre carrière dans tous vos régimes (fonction publique, régime général, Ircantec, RAFP), calculons votre pension à chaque date de départ possible, repérons les erreurs et rédigeons les courriers de régularisation. Vous recevez un rapport écrit, clair, avec la date de départ optimale.

450 €

rentabilisé dès le premier trimestre retrouvé

Commander mon bilan en ligne
Voir le détail du bilan retraite fonctionnaire

Et la RAFP, la majoration pour enfants, le minimum garanti ?

La RAFP (retraite additionnelle de la fonction publique) est un régime par points alimenté par vos primes. En 2026, chaque point vaut 0,05671 € de rente annuelle. Pour un agent avec des primes modestes, elle représente quelques dizaines d’euros par mois ; pour un cadre très primé, bien davantage. Elle est versée en capital si vous avez peu de points.

La majoration pour enfants ajoute 10 % à votre pension à partir de trois enfants élevés pendant au moins neuf ans, puis 5 % par enfant supplémentaire. Elle est imposable et ne peut porter la pension au-delà de 100 % du traitement indiciaire brut, sauf surcote.

Le minimum garanti est un plancher de pension réservé aux carrières complètes ou aux départs à l’âge d’annulation de la décote. Il concerne surtout les agents de catégorie C ayant des carrières longues à indice faible.

Questions fréquentes sur le calcul de la retraite des fonctionnaires

Comment calculer la retraite d’un fonctionnaire en 2026 ?

Multipliez votre dernier traitement indiciaire brut (indice majoré détenu depuis six mois × 4,92278 €) par 75 %, puis par le rapport entre vos trimestres liquidables dans la fonction publique et les trimestres requis pour votre génération (170 à 172). Appliquez ensuite la décote (1,25 % par trimestre manquant tous régimes, 20 maximum) ou la surcote (1,25 % par trimestre au-delà de l’âge légal et de la durée requise), puis la majoration pour enfants.

Les primes comptent-elles dans la retraite d’un fonctionnaire ?

Non pour la pension de base, qui ne retient que le traitement indiciaire brut. Les primes alimentent la RAFP, un régime additionnel par points dont la rente reste modeste. C’est la principale raison pour laquelle le taux de remplacement réel d’un fonctionnaire très primé est souvent inférieur à 75 %.

À quel âge un fonctionnaire peut-il partir à la retraite ?

Pour un emploi sédentaire, entre 62 ans 9 mois (génération 1964) et 64 ans (nés à partir de 1969), avec la suspension de la réforme applicable aux pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026. Pour un emploi de catégorie active avec 17 ans de services actifs, entre 57 et 59 ans. Le taux plein sans décote est acquis à 67 ans (62 ans pour les actifs) quelle que soit la durée.

Un fonctionnaire territorial ou hospitalier a-t-il le même calcul qu’un fonctionnaire d’État ?

Oui. Les territoriaux et hospitaliers relèvent de la CNRACL, les agents de l’État du Service des retraites de l’État, mais la formule (75 %, trimestres liquidables, décote, surcote, bonifications) est identique. Les paramètres d’âge et de durée sont les mêmes.

Mes années de contractuel comptent-elles pour ma retraite de fonctionnaire ?

Elles comptent dans la durée d’assurance tous régimes, qui détermine la décote et la surcote, mais pas dans les trimestres liquidables de la fonction publique : elles donnent lieu à une pension séparée du régime général et de l’Ircantec. Vérifiez qu’elles figurent bien sur votre relevé de carrière, c’est l’oubli le plus fréquent.

Que vaut un trimestre manquant pour un fonctionnaire ?

Deux fois : il réduit le rapport trimestres liquidables / trimestres requis (environ 0,44 % de pension par trimestre pour 172 requis) et, si vous n’avez pas la durée tous régimes, il ajoute 1,25 % de décote. Soit près de 1,7 % de pension en moins, à vie, pour un seul trimestre.

Partagez cet article

Articles associés