Quand on évoque la retraite en Europe, les différences entre pays et entre sexes sont souvent importantes. Voici un panorama des pensions dans cinq grands pays, et les écarts hommes/femmes quand les données sont disponibles.
Principaux constats
- Parmi les « grands » pays européens, Italie affiche la pension moyenne la plus élevée, avec environ 19 589 €/an. Viennent ensuite France (≈ 18 855 €/an), Espagne (≈ 18 100 €/an) et Allemagne (≈ 17 926 €/an).
- Mais ce chiffre brut cache de grandes disparités : ce n’est pas le montant absolu, mais surtout le taux de remplacement (la pension par rapport au dernier salaire) qui détermine le pouvoir d’achat du retraité.
- À ce jeu-là, l’Italie et l’Espagne se distinguent souvent parmi les meilleurs taux — selon certaines études, leur pension couvre jusqu’à ~75–77 % du revenu antérieur, contre un taux plus bas en Allemagne.
- En France, le taux de remplacement moyen reste supérieur à la moyenne de l’UE.
Pourquoi ces écarts ?
- Différences de calcul et de structures : les pays ne calculent pas leurs pensions de la même façon (durée de cotisation, salaire de référence, pension de base + complémentaires, mix répartition / capitalisation) ce qui influe sur le montant final. Par exemple, l’Allemagne mêle répartition et capitalisation, tandis que la France reste principalement à prestations définies.
- Démographie & emploi : le rapport entre nombre de cotisants et nombre de retraités varie selon le pays — ce qui pèse fortement dans la soutenabilité des retraites.
- Niveaux de salaires, durée de cotisation et carrières irrégulières : des salaires plus faibles, des carrières interrompues (temps partiel, congés maternité…) impactent le calcul des pensions, particulièrement pour les femmes.
L’écart hommes/femmes : un point souvent oublié
- Dans de nombreux pays européens, les femmes perçoivent en moyenne beaucoup moins que les hommes à la retraite, du fait de carrières plus courtes, de salaires moindres, d’interruptions, etc. Plusieurs études internationales montrent un écart moyen de -20 à -30 % entre les pensions des femmes et celles des hommes.
- Même dans les pays avec des pensions parmi les plus généreuses, ce désavantage persiste structurellement, ce qui pose un vrai problème d’équité.
Que retenir — et pourquoi ça intéresse le futur retraité
- Si l’on ne retient qu’un critère : l’Italie apparaît comme la mieux lotie parmi les « grandes » économies européennes, en moyenne.
- Si l’on considère le taux de remplacement ou le pouvoir d’achat réel, l’Espagne et l’Italie se détachent, tandis que l’Allemagne semble plus modérée.
- Mais surtout, le genre et l’historique professionnel comptent beaucoup : une femme ayant eu une carrière hachée touchera souvent une pension bien inférieure au standard, quel que soit le pays.
- Pour un futur retraité — ou pour un couple mixte — ces données soulignent l’importance de l’anticipation, de la complémentaire, et de la planification patrimoniale (épargne, placement, immobilier…).
Conclusion — Un constat : l’Europe, un patchwork de retraites
Les systèmes de retraite européens sont extrêmement variés. Il n’existe pas de « retraite modèle », mais des compromis entre social, démographie, solidarité, histoire nationale, modèle économique. Pour le citoyen, cela signifie deux choses :
- Bien connaître le système du pays dans lequel on cotise (ou a cotisé).
- Ne pas compter uniquement sur la pension publique — envisager des revenus complémentaires, anticiper l’impact des interruptions de carrière, des disparités hommes/femmes, etc.